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Ce qui bouge en droit de la concurrence
L’année 2008 a été riche en réformes institutionnelles de tous genres. Deux domaines ont été particulièrement touchés : le droit de la concurrence et le droit de la publicité.
Droit de la concurrence
La loi de Modernisation de l’Economie (LME)
du 4 août 2008 a substitué au Conseil de
la concurrence l’Autorité de la concurrence
(ADLC). L’idée, initiée dans le Rapport Attali, a
été de créer une grande autorité autonome et
unique comme dans les Etats voisins en réunissant
Conseil et DGCCRF dans sa fonction enquête
(DNE) de concurrence.
L’ADLC peut être saisie ou se saisir d’office pour
avis sur toute question touchant à la concurrence.
Elle a aussi une fonction contentieuse
puisqu’elle peut sanctionner les infractions
(ententes anticoncurrentielles et abus de position
dominante) par des amendes pouvant
atteindre 10 % du chiffre d’affaires mondial HT
le plus élevé réalisé au cours d’un des exercices
clos depuis l’exercice précédent au cours duquel
les pratiques ont été mises en oeuvre.
La DGCCRF (dont on ne connaît pas encore le
sort futur) conserve le pouvoir d’enquêter et
d’appréhender les infractions de dimension
locale, appelées micro-PAC (micro pratiques
anticoncurrentielles). Une infraction est de dimension
locale si elle affecte un marché de
dimension locale, si elle n’est pas de dimension
communautaire, si le chiffre d’affaires de
chacune des entreprises en France lors du dernier
exercice clos ne dépasse pas 50 millions
d’euros et si le chiffre d’affaires cumulé des
entreprises en cause ne dépassent pas 100 millions
d’euros. Dans ces conditions, la DGCCRF
peut enjoindre aux entreprises de mettre un
terme à leur pratique ou proposer une transaction
dont le montant ne peut excéder 75 000 ..
ou 5 % du dernier chiffre d’affaires connu en
France si cette valeur est plus faible.
Les enquêtes réalisées par les rapporteurs
auprès de l’ADLC (ou éventuellement agents de
la DNE) peuvent donner lieu à des saisies et
perquisitions qui doivent avoir été autorisées
par le Juge des libertés et de la détention. L’entreprise
peut demander à ce que son avocat
soit présent, sans toutefois que les opérations
soient suspendues jusqu’à l’arrivée de ce dernier.
En cas d’absence de l’occupant des lieux,
celui-ci peut désigner un ou plusieurs représentants
pour assister la visite et signer le PV.
A défaut, l’OPJ peut requérir deux témoins
choisis en dehors des personnes relevant de
son autorité. Depuis 2008, les ordonnances
autorisant les visites et saisies et les irrégularités
lors de leur déroulement peuvent faire l’objet
d’un appel devant le premier président de la
cour d’appel. La loi du 12 mai 2009 de simplification
et de clarification du droit et d’allégement
des procédures a réduit le délai de
recours en le passant de 15 jours à 10 jours. Le
point de départ diffère
selon la contestation.
L’appel contre
l’ordonnance ayant
autorisé la visite ou la
saisie est formé dans
les 10 jours suivants
la notification de
l’ordonnance tandis
que celui contestant
la régularité des opérations
est interjeté
dans les 10 jours à
compter de la remise
ou de la réception
du procès-verbal et
de l’inventaire, ou,
pour les personnes n’ayant pas fait l’objet de
visite et de saisie et qui sont mises en cause,
à compter de la date à laquelle elles ont reçu
notification du procès-verbal et de l’inventaire
et, au plus tard à compter de la notification de
griefs.
L’appel n’est pas suspensif. L’ordonnance du
premier président de la cour d’appel est susceptible
d’un pourvoi en cassation.
Droit de la publicité
L’année 2008 a également été marquée par la
création de l’Autorité de régulation professionnelle
de la publicité (ARPP) remplaçant le BVP
(Bureau de vérification de la publicité). Comme
par le passé, l’ARPP est composé de trois collèges
représentant les annonceurs, les médias et
les agences de publicité. En association avec
les parties prenantes (association de consommateurs,
environnementales…), elle publie des
recommandations à destination des professionnels
de la publicité.
A été associée à l’ARPP le Jury de déontologie
publicitaire (JDP). Il s’agit d’un jury indépendant,
présidé par Mme Hagelsteen (Conseiller
d’Etat, ancienne présidente du Conseil de la
concurrence), appelé à traiter les plaintes relatives
à des publicités susceptibles d’être contraires
aux règles déontologiques et pouvant sanctionner
les manquements par des mesures de
publications. Les consommateurs comme les
entreprises peuvent saisir le JDP.
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