Sommet social : Déclaration de Laurence Parisot
Publié le 19 janvier 2012.
« Nous avons eu une réunion très riche, très diverse ; beaucoup, beaucoup de sujets abordés, avec une ligne directrice très claire : la compétitivité de notre pays. Et au fond, il était tout à fait intéressant d’observer que tout le monde partageait le diagnostic d’un affaiblissement de notre compétitivité. Chacun avait néanmoins des nuances à émettre. Certains insistaient sur la compétitivité hors prix, d’autres sur la compétitivité prix. Mais il y avait bien un point de départ commun. A partir de là , il y a eu deux orientations : la discussion sur des mesures immédiates, d’urgence parce que la situation dans certains secteurs, pour certaines tailles d’entreprises, est fragile et puis il y a eu aussi un débat sur des réformes plus structurelles mais toujours liées à la compétitivité.
Sur les mesures d’urgence, il y a sans aucun doute un consensus sur l’activité partielle. On peut faire mieux, plus simple, et donc plus accessible, notamment pour les PME et les ETI. Il y a aussi un consensus pour aborder la question de l’emploi d’une manière un petit peu différente de ce qui a été fait jusqu’à présent : il s’agit de partir des besoins de l’entreprise pour ensuite repérer celui qui est au chômage et qui peut soit parfaitement convenir à ses besoins, soit qui a besoin d’être formé pour satisfaire l’offre de l’entreprise. Et de ce point de vue- là , nous, Medef, avec nos plus grandes branches professionnelles, nous avons dit au président de la République que nous étions prêts à nous engager sur un objectif de 60 000 personnes embauchées au cours de l’année 2012 via le dispositif de Préparation Opérationnelle à l’Emploi. Et puis nous avons insisté aussi sur la nécessité de mettre en œuvre rapidement les accords jeunes que nous avons signés avec les organisations syndicales récemment.
Dans l’urgence, dans les mesures qu’il convient de vraiment peaufiner rapidement pour faciliter les ajustements, nous mettons également les accords de compétitivité emploi. Nous considérons qu’il y a eu déjà beaucoup de débats sur le sujet, que faciliter l’ajustement des paramètres durée du travail, masse salariale et conservation de l’emploi dans l’entreprise, faciliter l’ajustement de ces paramètres, c’est quelque chose qui serait extraordinairement favorable à la survie d’entreprises qui aujourd’hui sont fragilisées et forcément favorable à l’emploi. Nous avons dit que nous étions prêts à envisager des pactes pour avoir une approche gagnante-gagnante. Même si certains des aspects de ce dossier méritent aussi d’être approfondis dans le cadre des négociations que nous menons actuellement avec les organisations syndicales.
Toujours dans l’urgence, il faut sans arrêt se poser la question de la trésorerie des entreprises et des fonds propres des entreprises. Sur la trésorerie des entreprises, nous avons renouvelé la demande que nous formulons depuis un certain temps : que le privilège du Trésor ne soit pas maintenu et que, ainsi, il puisse y avoir des souplesses nouvelles dans les discussions entre les entreprises et les banques. Le président de la République nous a recommandé et incité à rencontrer la ministre du Budget Valérie Pécresse sur ce sujet. Ce que nous allons faire bien sûr très vite. Sur les fonds propres des entreprises également, nous disons Oséo, c’est formidable, cela marche très bien ; il faut que le FSI se comporte aussi d’une manière adaptée, notamment pour les besoins du tissu industriel, de nos PME de l’industrie, notamment nos PME patrimoniales.
Et puis, au-delà de cela, de ces mesures d’urgence, des engagements que nous formulons, notamment sur les Préparations Opérationnelles à l’Emploi, nous avons bien sûr discuté du financement de la protection sociale. Nous avons dit que la charge qui pèse sur la production, sur le travail, est aujourd’hui pénalisante pour tout le monde. Pour nos entreprises, pour leur développement, pour leur rentabilité, pour leur capacité à investir et à innover, pour les salariés également. Et il convient de se demander comment faire glisser une partie de cette charge vers d’autres assiettes. Nous pensons qu’il faut faire glisser notamment tout ce qui concerne le financement de la famille. Nous avons dit au président de la République qu’il y a plusieurs scénarios possibles. Il y a un scénario qui consiste à faire glisser une partie des charges et des cotisations famille que paye l’employeur vers la TVA ; on peut aussi imaginer un scénario qui serait de baisser à la fois les cotisations employeurs et salariés. Le président a dit que ce n’était pas la solution qu’il privilégiait mais il a dit que les discussions étaient ouvertes et que d’ailleurs, d’autres consultations allaient suivre sur ce sujet-là . Nous avons dit tout simplement que, au fond, ce qui est important, c’est que, aujourd’hui, un mouvement semble engagé, un débat qui avait l’air d’être tabou est clairement posé, publiquement, et une direction nouvelle est prise. Ca, en soit, c’est vraiment déjà vraiment une formidable nouvelle pour la compétitivité de nos entreprises et de notre pays.
Comprenez bien que nous avons parlé de la compétitivité à l’intérieur de l’Union européenne et notamment de la zone euro. C’est là qu’il y a des enjeux que nous pourrions corriger finalement assez rapidement. C’est à portée de notre main.
Voilà l’essentiel de ce qui a été dit.
Un mot aussi sur la taxe sur les transactions financières qui a été évoquée bien sûr par le président de la République. Nous avons répété que si une telle taxe était européenne, nous ne pourrions que y être favorables. C’est un principe que nous comprenons. Et nous avons bien vu avec quel leadership le président de la République avait déjà fait bouger les lignes sur le sujet puisque, en quelques jours, la Chancelière Merkel a apporté son soutien et le Premier ministre espagnol. Et au fond, surtout, ce que nous avons dit, c’est que ce sujet renvoyait à un autre sujet qui est très important pour nous qui est le financement de l’économie. Ce qui nous préoccupe nous, représentants des entreprises et chefs d’entreprise nous-mêmes, c’est l’accès aux capitaux, c’est l’accès aux fonds propres pour financer nos développements, pour financer l’économie réelle. Et qu’il y ait un débat sur la taxe sur les transactions financières qui permette ainsi de réfléchir et de trouver de meilleures solutions pour financer l’économie réelle, c’est quelque chose qui, finalement, nous convient bien.
Voilà , je pense que je vous ai fait un résumé, une synthèse d’une réunion qui était vraiment excellente. »








