Zoom sur un pays

Le MEDEF National




Sommet social : Déclaration de Laurence Parisot

« Nous avons eu une rĂ©union très riche, très diverse ; beaucoup, beaucoup de sujets abordĂ©s, avec une ligne directrice très claire : la compĂ©titivitĂ© de notre pays. Et au fond, il Ă©tait tout Ă  fait intĂ©ressant d’observer que tout le monde partageait le diagnostic d’un affaiblissement de notre compĂ©titivitĂ©. Chacun avait nĂ©anmoins des nuances Ă  Ă©mettre. Certains insistaient sur la compĂ©titivitĂ© hors prix, d’autres sur la compĂ©titivitĂ© prix. Mais il y avait bien un point de dĂ©part commun. A partir de lĂ , il y a eu deux orientations : la discussion sur des mesures immĂ©diates, d’urgence parce que la situation dans certains secteurs, pour certaines tailles d’entreprises, est fragile et puis il y a eu aussi un dĂ©bat sur des rĂ©formes plus structurelles mais toujours liĂ©es Ă  la compĂ©titivitĂ©.

Sur les mesures d’urgence, il y a sans aucun doute un consensus sur l’activitĂ© partielle. On peut faire mieux, plus simple, et donc plus accessible, notamment pour les PME et les ETI. Il y a aussi un consensus pour aborder la question de l’emploi d’une manière un petit peu diffĂ©rente de ce qui a Ă©tĂ© fait jusqu’à prĂ©sent : il s’agit de partir des besoins de l’entreprise pour ensuite repĂ©rer celui qui est au chĂ´mage et qui peut soit parfaitement convenir Ă  ses besoins, soit qui a besoin d’être formĂ© pour satisfaire l’offre de l’entreprise. Et de ce point de vue- lĂ , nous, Medef, avec nos plus grandes branches professionnelles, nous avons dit au prĂ©sident de la RĂ©publique que nous Ă©tions prĂŞts Ă  nous engager sur un objectif de 60 000 personnes embauchĂ©es au cours de l’annĂ©e 2012 via le dispositif de PrĂ©paration OpĂ©rationnelle Ă  l’Emploi. Et puis nous avons insistĂ© aussi sur la nĂ©cessitĂ© de mettre en Ĺ“uvre rapidement les accords jeunes que nous avons signĂ©s avec les organisations syndicales rĂ©cemment.

Dans l’urgence, dans les mesures qu’il convient de vraiment peaufiner rapidement pour faciliter les ajustements, nous mettons également les accords de compétitivité emploi. Nous considérons qu’il y a eu déjà beaucoup de débats sur le sujet, que faciliter l’ajustement des paramètres durée du travail, masse salariale et conservation de l’emploi dans l’entreprise, faciliter l’ajustement de ces paramètres, c’est quelque chose qui serait extraordinairement favorable à la survie d’entreprises qui aujourd’hui sont fragilisées et forcément favorable à l’emploi. Nous avons dit que nous étions prêts à envisager des pactes pour avoir une approche gagnante-gagnante. Même si certains des aspects de ce dossier méritent aussi d’être approfondis dans le cadre des négociations que nous menons actuellement avec les organisations syndicales.

Toujours dans l’urgence, il faut sans arrĂŞt se poser la question de la trĂ©sorerie des entreprises et des fonds propres des entreprises. Sur la trĂ©sorerie des entreprises, nous avons renouvelĂ© la demande que nous formulons depuis un certain temps : que le privilège du TrĂ©sor ne soit pas maintenu et que, ainsi, il puisse y avoir des souplesses nouvelles dans les discussions entre les entreprises et les banques. Le prĂ©sident de la RĂ©publique nous a recommandĂ© et incitĂ© Ă  rencontrer la ministre du Budget ValĂ©rie PĂ©cresse sur ce sujet. Ce que nous allons faire bien sĂ»r très vite. Sur les fonds propres des entreprises Ă©galement, nous disons OsĂ©o, c’est formidable, cela marche très bien ; il faut que le FSI se comporte aussi d’une manière adaptĂ©e, notamment pour les besoins du tissu industriel, de nos PME de l’industrie, notamment nos PME patrimoniales.

Et puis, au-delĂ  de cela, de ces mesures d’urgence, des engagements que nous formulons, notamment sur les PrĂ©parations OpĂ©rationnelles Ă  l’Emploi, nous avons bien sĂ»r discutĂ© du financement de la protection sociale. Nous avons dit que la charge qui pèse sur la production, sur le travail, est aujourd’hui pĂ©nalisante pour tout le monde. Pour nos entreprises, pour leur dĂ©veloppement, pour leur rentabilitĂ©, pour leur capacitĂ© Ă  investir et Ă  innover, pour les salariĂ©s Ă©galement. Et il convient de se demander comment faire glisser une partie de cette charge vers d’autres assiettes. Nous pensons qu’il faut faire glisser notamment tout ce qui concerne le financement de la famille. Nous avons dit au prĂ©sident de la RĂ©publique qu’il y a plusieurs scĂ©narios possibles. Il y a un scĂ©nario qui consiste Ă  faire glisser une partie des charges et des cotisations famille que paye l’employeur vers la TVA ; on peut aussi imaginer un scĂ©nario qui serait de baisser Ă  la fois les cotisations employeurs et salariĂ©s. Le prĂ©sident a dit que ce n’était pas la solution qu’il privilĂ©giait mais il a dit que les discussions Ă©taient ouvertes et que d’ailleurs, d’autres consultations allaient suivre sur ce sujet-lĂ . Nous avons dit tout simplement que, au fond, ce qui est important, c’est que, aujourd’hui, un mouvement semble engagĂ©, un dĂ©bat qui avait l’air d’être tabou est clairement posĂ©, publiquement, et une direction nouvelle est prise. Ca, en soit, c’est vraiment dĂ©jĂ  vraiment une formidable nouvelle pour la compĂ©titivitĂ© de nos entreprises et de notre pays.

Comprenez bien que nous avons parlé de la compétitivité à l’intérieur de l’Union européenne et notamment de la zone euro. C’est là qu’il y a des enjeux que nous pourrions corriger finalement assez rapidement. C’est à portée de notre main.

Voilà l’essentiel de ce qui a été dit.

Un mot aussi sur la taxe sur les transactions financières qui a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e bien sĂ»r par le prĂ©sident de la RĂ©publique. Nous avons rĂ©pĂ©tĂ© que si une telle taxe Ă©tait europĂ©enne, nous ne pourrions que y ĂŞtre favorables. C’est un principe que nous comprenons. Et nous avons bien vu avec quel leadership le prĂ©sident de la RĂ©publique avait dĂ©jĂ  fait bouger les lignes sur le sujet puisque, en quelques jours, la Chancelière Merkel a apportĂ© son soutien et le Premier ministre espagnol. Et au fond, surtout, ce que nous avons dit, c’est que ce sujet renvoyait Ă  un autre sujet qui est très important pour nous qui est le financement de l’économie. Ce qui nous prĂ©occupe nous, reprĂ©sentants des entreprises et chefs d’entreprise nous-mĂŞmes, c’est l’accès aux capitaux, c’est l’accès aux fonds propres pour financer nos dĂ©veloppements, pour financer l’économie rĂ©elle. Et qu’il y ait un dĂ©bat sur la taxe sur les transactions financières qui permette ainsi de rĂ©flĂ©chir et de trouver de meilleures solutions pour financer l’économie rĂ©elle, c’est quelque chose qui, finalement, nous convient bien.

Voilà, je pense que je vous ai fait un résumé, une synthèse d’une réunion qui était vraiment excellente. »

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